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Les presse-papiers

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On raconte volontiers que la technique dite « millefiori » aurait été conçue par les Romains, avant d’être ravivée après la Renaissance par les verriers de Murano. En 1845, alors qu’elle mettait au point le cristal doublé et triplé, la cristallerie de Saint-Louis ressuscitait ce procédé du « millefiori» et réalisait sa première boule presse-papiers, dont la vogue durera une quinzaine d’années avant de s’éteindre et, avec elle, le tour de main des verriers.

Remisées un temps au rayon souvenirs chez les antiquaires, ces gouttes de cristal emprisonnant un jardin merveilleux eurent tôt fait de susciter autour de leur nature énigmatique et onirique tous les intérêts et les convoitises des collectionneurs comme Jeanna Lanvin, le roi Farouk et Colette. Mais c’est à l’Américain Paul Jokelson, à juste titre surnommé « Mr Paperweight », que revient tout le mérite d’avoir relancé la production des boules, et plus précisément des sulfures, chez Saint-Louis. En effet, ce collectionneur réputé passa commande en 1953 à la cristallerie d’un sulfure commémorant le couronnement de la reine Elisabeth II. C’est Gilbert Poillerat, artiste ferronnier et décorateur, qui réalisa le médaillon représentant la souveraine britannique pendant que, chez Saint-Louis, on s’activait à ranimer un tour de main endormi depuis cent ans. Amusant : l’ultime sulfure produit précédemment par Saint-Louis en 1860 était à l’effigie de la reine Victoria… Sur les 1 500 sulfures commandés par Paul Jokelson pour les membres de sa célèbre Association des collectionneurs de presse-papiers, Saint-Louis en préleva trois, en offrit naturellement un à sa gracieuse majesté, un à Colette, tandis que le dernier était immédiatement archivé.

Fleurs, fruits, bouquets, animaux, oiseaux ou papillons… Réalisés à chaud à partir de baguettes de cristal de couleur, modelés au chalumeau, aux pincettes et ciseaux, les motifs, décors et sujets des boules presse-papiers sont livrés à la fantaisie des verriers spécialisés, dont la créativité et l’imagination seront ensuite comme encapsulées par le cristal, nonobstant une stricte observance des règles de chaleur : façonnage à 550 °C, assemblage à 1 100 °C (trop froide, la boule éclate ; trop chaude, elle se brouille). Depuis 1970, Saint-Louis produit chaque année de nouveaux modèles de presse-papiers, chacun réalisé en série limitée et dûment numéroté, millésimé et certifié.