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Le chaud...

Le chaud chez Saint-Louis

À la fois lieu et temps de la fabrication du cristal à haute température, le Chaud se fond chez Saint-Louis avec la halle, coeur battant de la manufacture. C’est ici que se dresse le four à bassin à coulée continue, où la fusion du cristal s’opère à 1 450 °C sous forme d’une lave incandescente que le feu et le temps débarrasseront de ses impuretés avant de la déposer dans les zones de prélèvement. C’est dans ces « baies de cueillage », maintenues à une température constante de 1 200 °C, que les verriers viennent « cueiller » au bout de leur canne la matière nécessaire à l’élaboration d’un verre ou d’une carafe.

S’ébauche alors une sorte de ballet à la chorégraphie répétée mais jamais répétitive, une histoire codée et muette où le souffle tient lieu de parole et où le geste, économe, se fait mythologique. Les verriers sont des ogres aux délicatesses de brodeuses, des hommes qui ont du coffre et dont le souffle embrasse et embrase à bout de canne creuse la masse orange placée dans le moule, poche en hêtre ou en acier qui presse dans une furie de flammes et de vapeurs à 900 °C la forme première de l’objet, dite paraison.

Immédiatement, et c’est une affaire de longues secondes et de courtes minutes, les verriers opérant par petits groupes, ou places, se livrent à une succession de promptes séquences où l’oeil, la main et la bouche sont les véritables outils de travail. Certes, les ciseaux coupent, rognent et ouvrent, les palettes en bois calent et redressent, les pinces maintiennent, étirent et modifient les formes, mais tout le savoir-faire des verriers tient à leur talent à souffler et à tourner la canne en même temps, à en doser les effets sur le cristal, dont la température est tombée à 600 °C. Matière vivante et vibrante, le cristal n’en a pas fini avec le chaud : de 450 °C jusqu’au froid impeccable, l’arche de recuisson achèvera à petit feu et en deux à trois heures la solidification des verres, entre trois et quatre jours celle des vases, temps nécessaire à l’élimination des tensions thermiques.